Les intérêts de la méditation

Tarot et philosophies orientales

La philosophie du ici et maintenant, l’esprit « zen », l’intérêts de la méditation, le bouddhisme et le mindfulness, pour ne citer que quelques sujets, font appel à des notions désormais familières dans notre société contemporaine.

Quels rapports entre philosophie orientale et tarot ?

Les grandes traditions mystiques ou ésotériques n’ont jamais qu’un seul but: apprendre à faire la paix en soi pour s’approcher de son véritable moi. Cette quête est souvent oubliée au profit de l’aspect spectaculaire des théories et tableaux remplis de signes et de diagrammes, à celui des rituels qui peuvent se substituer au but, ou d’une certaine approche magique qui peut renforcer l’ego.

Les traditions nommées en introduction sont surtout d’origine orientale. Non que ces dernières soient supérieures à d’autres, mais ce sont celles que je connais le plus intimement (voir le profil). Il se trouve également que ces pratiques sont particulièrement efficaces pour faire le ménage en soi: soyons pragmatiques, c’est tout ce dont nous avons besoin. En limitant l’ego grâce à elles, on finit par voir concrètement qui l’on est, ou à tout le moins à s’approcher de cette vérité: c’est également ce que propose le tarot psychologique. Aussi, les deux traditions, occidentale et orientale, empruntent-elles le même chemin afin d’atteindre un même but. L’intérêt de la méditation en particulier ne s’arrête pas là puisque dans la pratique, elle possède des qualités que nous allons passer en revue.

Les intérêts de la méditation

Le bien-être:

  • On le sait: la méditation favorise le bien-être mental, l’apaisement. On s’énerve moins pour les petits détails, on accueille les petits bobos de l’existence avec davantage de recul. On gère mieux les conflits et on accepte davantage les changements. Les émotions négatives s’effacent progressivement. On rumine moins le passé. On se projette moins dans le résultat à obtenir coûte que coûte. En bref, on se prend moins la tête.

Concernant le tarot, il est important de ne pas réaliser de tirage dans l’urgence ou en proie à des soucis. Avoir un esprit déchargé des tensions habituelles est nécessaire à la manipulation du jeu. D’autre part, se projeter dans le résultat d’un tirage oriente la lecture, voire déçoit si le résultat ne correspond pas. Pour éviter cet écueil, l’acceptation des changements, rester à l’écoute sans volonté de résultat (quelle que soit sa nature) une pratique de la méditation s’avère précieuse.

La santé:

  • La méditation est bonne pour la santé. Selon de nombreuses études, elle renforce l’immunité. Il en va de même de la qualité du sommeil et celle de la peau, sans parler de la libido. La méditation permet de diminuer les risques d’accident cardiaque et les soucis de tension artérielle. Enfin, elle stimule le fonctionnement du cerveau.

On est toujours plus alerte, physiquement comme intellectuellement dès lors que la santé est présente. Essayez de tirer le tarot après une nuit blanche ou avec un bon mal de crâne : vous m’en direz des nouvelles ! Lorsque l’on a une bonne santé, notre esprit est vif et l’accès au subconscient facilité.

La concentration:

  • Elle renforce l’attention et la capacité de concentration. Être attentif à sa respiration, oblige à être vigilant. Noter les pensées parasites qui se métamorphosent dans notre esprit nous fait prendre conscience à quel point, nous sommes flottants. Ce faisant, à rester canalisé sur une seule action : l’attention à la respiration. On gomme aussi les conditionnements automatiques, les idées préconçues, au profit d’une acceptation des phénomènes tels qu’ils sont réellement. La créativité et l’intuition augmentent.

Il faut être concentré ici et maintenant pour tirer le tarot. Bien sûr, il n’y a pas de danger de mort ! Mais avoir les pensées trop volages, passer d’une idée à l’autre sans que l’on sache trop comment, en bref, rêvasser gêne la lecture. Quand on tire, on ne fait que tirer (et s’occuper du consultant). Les conditionnements, dont on a peu conscience en temps normal, gênent l’approche objective et libre de la lecture. Il est nécessaire de tout accepter, l’agréable comme le désagréable, le positif comme le négatif, ici et maintenant. Après tout, ces appréciations ne constituent jamais que des constructions mentales qui nous ligotent plus qu’elles nous aident. 

Les sensations corporelles:

  • Un autre intérêt de la méditation est qu’elle améliore ses sensations corporelles, en particulier si l’on pratique également le yoga en parallèle.

Sentir « physiquement » que la carte choisie est la bonne, ou ressentir le vécu et la psychologie des personnages représentés aide à être dans le jeu. Un simple picotement dans la nuque, ou un léger sentiment de froid constituent des signes que nous ignorons en temps habituel. Avec la pratique, la sensation devient perceptible.

Les intérêts de la méditation et l'intuition au service du tarot

On l’a compris avec ce dernier point, si la méditation recèle de nombreuses qualités et qu’elle peut clairement vous aider à mieux vivre dans votre quotidien, elle permet aussi de développer grandement son intuition.

Plus on médite, plus on se rend compte que certaines idées arrivent en dehors des séances, des petits flashs, des ‘certitudes’ qu’un événement va se produire. On se met progressivement en relation avec… autre chose. Je ne développerai pas ici la nature de ce ‘quelque chose’ car cela nous entraînerait sur des routes dont la nature est peu facile à définir. De plus, on peut faire l’impasse sur la métaphysique sans que cela soit gênant.

 

Concrètement...

Cette intuition est extrêmement utile dans le cadre de la lecture du tarot.

Au début, on a tendance à lire le tarot en utilisant un ensemble de connaissances acquises par la lecture d’ouvrages spécialisés ou de sites internet. Il n’y a rien de mal à cela: les cartes regorgent de symboles, de significations diverses, et au début, on est perdu. Être épaulé par une exposition théorique et, disons ‘scolaire’ est bon. Mais concernant la lecture, c’est une autre affaire. Non pas que l’apprentissage des données de base soit inutile: on ne peut faire l’impasse dessus, mais cela n’est pas suffisant.

Car si on lit le tarot en redonnant, voire en plaquant les connaissances apprises, la lecture devient trop mécanique. On ne prendra pas en compte l’ensemble des facteurs, on n’aura pas d’autonomie. Pour finir, on risquera de se trouver coincé sur des tirages un peu complexes qui nécessitent que l’on s’immerge totalement. C’est pour cette raison que l’intuition, c’est-à-dire la manière dont on peut lire au-delà de ce qu’il y a dans les cartes, ou plutôt même en créant soi-même le mécanisme de lecture, est indispensable.

Acquérir de l’intuition n’est pas aussi compliqué que cela en a l’air, car nous en possédons tous. Mais comme nous ne nous en servons pas beaucoup (notre culture privilégie la raison), cette capacité a tendance à être en dormance.

C’est donc là que réside aussi l’une des grandes qualités de la méditation.

Je développerai ultérieurement la question de l’intuition.

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Les couleurs du tarot

Symbolisme

Un peu d'Histoire...

En premier lieu, et pour éviter de se perdre dans trop de conjonctures tirées par les cheveux, il est nécessaire de remettre la question des couleurs dans un contexte culturel et technique.

Les tout premiers jeux consistaient en des oeuvres quasi uniques (le Visconti-Forza était constitué d’enluminures). L’esthétique, la dimension luxueuse, et les codifications graphiques en usage primaient donc sur la symbolique ésotérique.

Lors de la diffusion en masse des premiers jeux destinés au peuple, il fallait optimiser les moyens de reproduction, et bien sûr, les couleurs ont été parfois réduites en nombre. Ces nombres diffèrent d’ailleurs selon les types de jeu. Les couleurs sont toutefois choisies pour leur valeur symboliques (rouge: actif; bleu: introspection; vert: naturel; jaune: pensée et intellect, etc.). Ce phénomène reste d’actualité à la fin du XIX° siècle et le modèle graphique simplifié une norme qui sera reprise dans le fameux Paul Marteau de 1930, édité chez Grimaud. Camoin et Jodorowski vont grandement élargir la palette avec leur version très personnelle du tarot de Marseille.

Les couleurs du tarot Waite-Smith et de ses variantes

Les couleurs du tarot changent avec l’avènement du Waite-Smith. Elles sont mises en place pour s’accorder aux moyens d’impression de 1909, et bien sûr dans le cadre d’une esthétique d’époque. Comme on maîtrise la reproductibilité et, puisque l’on repart de zéro, on choisit les couleurs selon leurs significations.

Ultérieurement, les grand nombre de jeux hérités du Waite-Smith permettront aux créateurs de laisser libre cours à leur sensibilité, y compris en reléguant les rapports des couleurs avec la symbolique traditionnelle au profit du plaisir esthétique seul.

Les couleurs du tarot Waite-Smith

Les couleurs du tarot empruntent leurs codifications dans la symbolique générale qui imprègne le monde occidental depuis des siècles.

En général, les couleurs chaudes sont actives, les froides plus passives et intérieures, etc.

À ces valeurs sémantiques, d’autres viennent s’ajouter.

Les couleurs du tarot dans le détail:

Le blanc, le noir et le gris:

Blanc: pureté; virginité; innocence; harmonie spirituelle, la source de toute chose (synthèse additive des couleurs); pureté.

Exemples: la blouse de La Force ou de La Tempérance; les fleurs du VI de coupes; le cheval de La Mort qui va faire renaître; la renaissance et résurrection des corps du Jugement (XIX); le personnage du II d’épées n’ayant pas encore la force mentale de séparer; 

Noir: négativité; désespoir; mort.

Exemples: le V de coupe et son personnage désespéré; Le ciel du X d’épées; le cheval du cavalier de pentacle et son immobilisme; 

L’association des deux valeurs blanc et noir est très souvent utilisées, et ce dans de nombreuses cultures (la figure du Yin/Yang par exemple). Dans le cadre du mysticisme occidental, elles correspondent à des archétypes et se rapportent à des oppositions et/ou complémentarités.

Exemples: les piliers noté J (pour Jakin) et B (pour Boaz) de la Grande Prêtresse; Les sphinx tirant le Chariot.

Gris: Le mélange du blanc et du noir. Cette valeur n’est pas très utilisée sauf pour les fonds. Elle témoigne généralement de la tristesse; la dépression voire de problèmes de santé mentale. Bien sûr, pour des raisons pratiques, les matières tels que les trônes l’utilisent beaucoup, ou même pour neutraliser un fond afin de faire ressortir les couleurs de plus grande importance.

Exemples: le fond du IV ou du XII de pentacle; le III d’épées particulièrement triste; La neutralité du fond du IV d’épées; 

Le jaune et l'or​

Or et jaune: communication; intellect; joie; valeurs positives. Souvent lié à l’élément Air, il exhale aussi l’énergie solaire au point qu’il remplace souvent le bleu du fond du ciel dans le Waite-Smith. Il symbole la haute conscience, le lien avec une énergie haute.

Exemples: Le fond flamboyant du Mat et celui du Magicien; Le fond et le blé de L’Impératrice qui crée; Les cartes solaires: Les Amoureux (VI), Le Chariot (VII), Le Soleil (XVIIII) bien évidemment); le IV de bâton, festif; la reine de bâton; la plupart des objets coupes de la série; le VI de coupes particulièrement joyeux; le VII d’épées car il faut bien de l’intelligence pour voler seul chez l’ennemi; 

Le bleu:​

Bleu: émotions; introspection; imagination. Plus le bleu est profond, plus ses qualités sont puissantes. Il s’agit évidemment d’une couleur reliée à l’élément Eau, et donc au subconscient.

Exemples: L’Étoile (XVII) carte d’eau; La Lune (XVIII) carte révélant l’ascendance de cet astre sur tout ce qui est aquatique ou relié à l’eau y compris l’imagination et le rêve; La Grande Prêtresse car sa force est intérieure et introspective; L’Hermite (IX) a un fond bleu plus dense car il voyage de nuit dans son esprit; le IX d’épées et les cauchemars issus des influences de l’inconscient; 

Le pourpre:​

Pourpre / violet: la spiritualité; les pouvoirs occultes; luxe et opulence.

Exemples: Le fond de La Justice (XI); La toge du roi d’épées; 

Le rouge et l'orange:

Rouge: passion; colère; action, énergie, sang, danger. Le rouge symbolise aussi le mental conscient.

Exemples: le coussin de L’Impératrice, le costume de L’Empereur et celui du Hiérophant; la plupart des bâtons de la série; le personnage du VIII de coupes décidant de partir; L’habit de l’homme riche ayant oeuvré pour sa fortune du VI de pentacle; 

Orange: variante du rouge, mais les passion plus plus éteintes.

Exemples: Le Diable (XV) dans lequel la chair est consommée par les passions; le cavalier de bâton, conquérant; le VI d’épées et l’exode volontaire; Le VIII d’épée qui montre bien que la volonté n’est pas totalement active; 

Le vert:

Le vert correspond bien sûr à l’élément naturel, plantes, chlorophylle, et est relié à la Terre. Nature, abondance, richesse biologique, tout ce qui pousse et témoigne symboliquement de la bonne santé ou réussite de ce qui l’entoure.

Exemples: L’Étoile et son sol abreuvé; chaussures et signe infini du II de pentacle; tous les végétaux; le page de pentacle (sol et chasuble) témoignant de son rapport à la Terre; toutes les touches de vert du roi de pentacle

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Lire les cartes

Tarot et philosophies orientales

Lire les cartes: il y a tant à faire!

Le jeu est acheté, et voilà, ne reste plus qu’à organiser un tirage et lire. Mais l’entreprise n’est pas toujours facile, car se mettre en synchronisation avec les cartes n’est pas un travail simple, ou plutôt, peut-être l’est-il plus qu’on l’imagine…

Les significations des cartes.

Lire les cartes sous-entend les étudier. C’est la première tâche que l’on aborde : apprendre et retenir les significations de chaque carte (78 tout de même), droites comme renversées. Il s’agit d’un travail somme toute scolaire.

On trouve facilement autant dans les livres que sur internet les explications et listes de mots-clés permettant de comprendre et retenir les significations des lames. Après, il « suffit » de les graver dans son esprit et de les utiliser lors des tirages. Disons-le clairement, il s’agit là d’une première étape, car s’il est évident que l’étude du sens des cartes est indispensable, elle constitue aussi un piège dans lequel il est tentant de tomber.

Lire les cartes, c'est surtout les regarder

Dès lors que l’on connaît bien chaque carte, le cerveau se met en mode automatique.

Lors de l’interprétation d’un tirage, on plaque alors les significations apprises en tentant de relier les différentes lames en rapportant à la question du consultant l’ensemble des messages. Ce système est pratique, mais les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances et… on finit par s’ennuyer.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’on met en silence la part intuitive. On pense par exemple « Alors, L’Empereur, c’est stable, carré, un homme, un père, des conseils… », etc., mais on ne regarde plus la carte, ou pour être plus précis, on ne la regarde plus avec fraîcheur.

Comment opérer dans ce cas?

Il est nécessaire de revenir à un fondamental : le regard du débutant. Lorsque l’on voit un jeu de tarot pour la première fois de sa vie, on examine soigneusement les dessins, par plaisir et avec émerveillement. L’esprit est vierge de tout a priori, on ne plaque rien, on accepte naturellement.

C’est ce que dans le zen on appelle « l’esprit du débutant » (Soshin, en japonais). C’est-à-dire qu’à aucun moment on doit penser « Ah ! Mais L’Empereur, je le connais bien ! », ou « Tiens, La Justice, bon, ben faudra que cette personne fasse les bons choix sinon… ». Il faut rester curieux, ouvert et humble, comme un enfant. Il s’agit là de la meilleure manière de continuer à prêter attention à ce qui se passe, et en particulier de constamment redécouvrir les cartes sans rien attendre d’elles. Les préjugés et les opinions toutes faites constituent le pire ennemi du tarologue.

Nous avons besoin de classer, comparer, comprendre, faire référence à, de se reposer sur… c’est ainsi que nous avons été formés. Mais cette attitude ferme l’esprit à la véritable lecture du tarot.

Comment travailler cet état d'esprit?

Ce n’est pas simple. Nous travaillons en permanence sur des certitudes souvent durement acquises, c’est l’idée même de l’école, des études, de l’expérience qui nous a été inculquée depuis l’enfance. Connaître et se reposer sur la connaissance. Et puis l’idée même de « savoir » renforce notre ego qui se trouve très satisfait de son importance. Se remettre dans la position d’un apprenant nécessite une attention de chaque instant.

Il est toujours intéressant de montrer des cartes à une personne ne connaissant rien du tarot, car elle aura une réaction pure, uniquement lié à une observation sans a priori et sensitive. C’est ainsi que, malgré nos connaissances, nous devons lire un tirage ou une carte. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux, mais travailler l’humilité et se dire à chaque lecture que l’on regarde les cartes pour la première fois : on y découvrira toujours de nombreux détails qu’on laissait généralement de côté.

Surtout, il s’agit là de la meilleure méthode pour développer une intuition, de voir des significations bien au-delà des conceptions apprises et mémorisées.

Commencez dans la vie de tous les jours à véritablement regarder, sentir, écouter, les autres et ce qui nous entoure. Cette attitude ne doit pas être développée seulement dans le tarot, mais dans tout domaine. Lorsque vous pratiquez votre yoga, soyez à l’écoute du corps, même si vous avez déjà réalisé une posture des centaines de fois. Lorsque vous méditez, soyez présent à ce que vous faites. Si vous méditez en pensant connaître la méditation, vous n’êtes pas dedans. Buvez votre café comme si c’était la première tasse de votre vie. Regardez votre conjoint comme si vous découvriez son visage. Partez à la redécouverte du monde et il vous le rendra.

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Le Pendu

Doit-on utiliser les cartes renversées?

Tirages

Posons tout de suite une question de vocabulaire: je suis assez peu partisan de l’idée d’utiliser le terme de ‘à l’envers’, car il sous-entend que la carte n’est pas dans le bon sens. Un peu comme on reproche à quelqu’un d’avoir ‘tout fait à l’envers’. Il est à mon avis préférable de parler de renversement.

Ensuite, il convient de parler des règles (doit-on les lire ou non?): il n’y en a pas!

Le rapport que nous entretenons tous avec le jeu est personnel. Certains individus seront si gênés par le renversement des cartes que cela les mettra mal à l’aise au point qu’ils préféreront s’en passer. D’autres les incorporeront au mécanisme de lecture. Il est surtout important de sentir que telle ou telle manière d’utiliser le jeu correspond à votre caractère. Il faut être à l’aise avec le tarot. La confiance que l’on doit avoir lorsque l’on travaille à son contact ne doit pas être entachée par des réserves dues à un protocole méthodologique.

Néanmoins…

Mais alors, doit-on utiliser les cartes renversées?

La première idée préconçue que l’on peut développer concernant le renversement des cartes consiste à se dire que la lecture devient négative. Or, on n’a pas envie de lire du négatif. Même si l’on s’en défend, on entretient toujours l’espoir que le tirage nous sera favorable. Il y a un peu du syndrome de la ‘diseuse de bonne aventure’ là-dedans, car on n’aime pas la ‘mauvaise aventure’. Il est vrai que personne n’a le désir de s’entendre dire que non, le projet va connaître des difficultés, que l’autre personne ne s’intéresse pas à vous, qu’il va falloir attendre, que notre point de vue est incorrect, qu’il vaut mieux en rester là, etc. ‘Miroir, miroir, dis-moi que je suis la plus belle… et surtout pas autre chose…!

Apaiser son esprit

Il ne faut pas non plus imaginer que les problèmes décelés par le tirage correspondent à une destinée. Au contraire, le jeu est là pour aider, et c’est en regardant froidement et posément les messages que nous avançons. Le tarot ne nous veut pas de mal ni nous déprimer! Le tarot est neutre: avec l’aide de notre lecture, il exprime les faits.

Ne pas oser se frotter aux problèmes n’aide en rien, et même, rend la consultation finalement assez inutile. Ce serait comme aller chez le psy et rester silencieux pendant les séances.

L'intérêt des cartes renversées

Doit-on utiliser les cartes renversée? Oui. Car en premier lieu, il est indispensable de considérer les aspects négatifs d’une carte dans une position donnée. Si on fait l’impasse sur cette variation de significations, on risque de ne pas être en mesure de déceler les blocages inhérents à la question. Or, un consultant, ou vous-même, utilise le tarot pour obtenir une réponse ou un conseil face à une difficulté. Il est indispensable de mettre le doigt sur les problèmes (on en a tous et ce n’est pas une honte) afin de pouvoir corriger notre pensée, nos attitudes, etc. (voir comment poser la question)

Ce d’autant plus que nous ne venons pas chercher une simple marche à suivre pour se tirer d’un embarras, plutôt qu’à mieux comprendre les blocages que nous devons dépasser. Si nous ne les isolons pas, si nous ne les reconnaissons pas, nous n’avançons pas.

Une carte renversée pointe le problème du doigt mais nous offre également les moyens et les conseils pour les résoudre.

Il est donc préférable de tenir compte des messages apportés par le renversement. C’est peut-être délicat à accepter au moment du tirage, mais on s’en sort grandi au final.

Pour finir

Enfin, le renversement n’exprime pas forcément une dimension négative. Si on tombe sur un IX d’épées ou un VII de coupes à l’envers, la signification est franchement plus positive que si la carte était sortie droite! Ou encore, si un consultant se questionne depuis longtemps sur l’opportunité de lancer un projet et que Le Pendu tombe renversé, cela signifiera clairement qu’il est temps de passer à l’acte: quoi de plus positif que cela?

De manière générale, les cartes droites montrant des faiblesses ou des erreurs, des problèmes ou de mauvaises passes, deviennent positives dès lors qu’elles sont renversées. Parfois encore, d’autres pas forcément négatives à l’endroit (on a parlé du Pendu) possèdent aussi une autre dimension positive lorsqu’elles sont renversées.

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Le tarot de Smith-Waite

Le tarot de Waite-Smith

Jeux de tarot

Dans le monde du tarot, nous avons deux grandes familles de jeu: le tarot de Marseille, et celui de Waite-Smith.

Le tarot de Waite-Smith découle de celui de Marseille et s’en écarte sur plusieurs points.

Le Waite-Smith a donné naissance à de nombreuses variations de graphismes qui ont porté le nombre de jeux à… beaucoup!

Un peu d'histoire...

Autant le tarot de Marseille a été construit très progressivement à partir du XIV° siècle, autant celui de Waite-Smith (ou Rider Waite, ou encore Rider Waite Smith) est une création contemporaine.

Le premier jeu créé par Arthur Edward Waite, dessiné par Pamela Coleman Smith, et édité par William Rider voit le jour en décembre 1909. Il est le fruit des recherches menées par le groupe de recherches ésotériques de la Golden Dawn, une société hermétique d’origine anglaise disparue en 1905. Cette société s’inspire largement du travail des occultistes français du XIX° siècle (Éliphas Lévi, Papus…).

L’idée générale consiste à s’appuyer sur le modèle du tarot de Marseille, en remettant de l’ordre, en instituant des rapports plus clairs entre les cartes, l’alphabet hébraïque et l’astrologie. En bref de s’inspirer des recherches ésotériques de la fin du XIX° siècle dans le but d’obtenir un jeu plus cohérent.

Le tarot, un outil ésotérique?

C’est LA grande question qui a fait beaucoup couler d’encre, et ce de manière pas toujours très rationnelle.

L’idée que le tarot ait été créé pour entreposer, voire sauvegarder un savoir occulte a alimenté bien des théories et des fantasmes.

Dans les faits, le tarot de Marseille n’avait probablement aucune visée ésotérique à ses origines. C’est avec le temps qu’on lui a prêté des significations et que les cartes ont été légèrement modifiées en conséquence (la dimension technique d’impression a aussi beaucoup joué). Un exemple : si les premières cartes apparaissent au XIV° siècle, c’est seulement en 1781 que Court de Gébelin estime dans Le monde primitif que le tarot puisse constituer un outil d’apprentissage spirituel.

Il en va différemment avec le Waite-Smith. Ce tarot a, on l’a vu, été dessiné spécifiquement pour revêtir des significations ésotériques, à savoir celles de la Golden Dawn. À ce niveau de lecture, il est donc particulièrement adapté (ce qui ne signifie pas que cela rejette le Marseille dans les oubliettes).

Les particularités du Waite-Smith

On a donc redessiner les cartes du Waite-Smith. C’est Pamela Coleman Smith, elle-même membre de l’ordre, qui a réalisé ce travail. Si les arcanes majeurs restent voisins du Marseille, les mineurs, en revanche, sont inédits.

On préfère souvent les 22 arcanes majeurs du Marseille à celles du Waite-Smith, car, finalement, ils sont très riches et bien lisibles. En revanche, les mineurs du Waite-Smith remportent largement les suffrages. La raison en est simple : ils représentent tous des saynètes bien plus faciles à lire que les ornementations des arcanes mineurs du Marseille. L’idée des 4 éléments, par exemple, est mieux exprimée.

Ce point est crucial : sans cette particularité, le jeu n’aurait probablement pas connu le succès planétaire qui est le sien aujourd’hui (le Marseille ne reste principalement utilisé qu’en France).

Pour en revenir aux arcanes majeurs, on notera une grande modification par rapport au jeu de Marseille : l’inversion de la place de La Justice (VIII) et de La Force (XI). Nous reviendrons sur ce point dans un autre post.

En ce qui me concerne...

Le tarot anglo-saxon de Waite-Smith gagne chaque jour du terrain en France. Aujourd’hui, on désire un jeu plus accessible et lisible, sans pour autant qu’il soit amputé de ses qualités. Surtout qu’il permet de travailler avec un plus grand nombre d’univers symboliques ; en bref, il est plus synthétique.

Je l’ai donc fait mien. Après plusieurs décennies à pratiquer le Marseille, j’ai été piqué par la curiosité et… l’essayer, c’est l’adopter.

Néanmoins, je garde toujours mon tarot de Marseille sur ma table, mais je pense désormais en Waite-Smith. Bien sûr, j’ai pris du temps à inverser les cartes VIII et XI, mais pas davantage que les changements de couleur dans certains jeux de Marseille. Il suffit de donner un petit coup de pied dans ses habitudes, et avouons-le, cela ne fait jamais de mal.

Il ne s’agit pas pour moi de condamner le tarot de Marseille. Sinon, je l’aurais remisé dans un placard. Or, ce n’est pas le cas. Et je ne conseillerai jamais à quiconque d’abandonner un outil avec lequel il se sent à l’aise. C’est une question personnelle de communication ; à cet égard, c’est la sensibilité qui doit parler.

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Comment poser la question?

Tirages

Généralement, on tire le tarot lorsque l’on a une interrogation sur un domaine spécifique. Or, il est crucial de bien poser la question correspondant à notre besoin réel.

A-t-on besoin de poser une question?

Pas toujours. On peut parfaitement tirer le tarot sans a-priori ni questionnement particulier. Ainsi, le tirage d’une carte du jour est effectué sans ‘direction’ particulière. Lorsque l’on réalise un tirage annuel sur les 12 maisons, on cherche pareillement à connaître des tendances générales et donc, aucune question n’est nécessaire. Mais la plupart du temps, on s’interroge sur un domaine qui nous tient à coeur, sur lequel on entretient des doutes ou des inquiétudes. Poser une question précise permet alors de délimiter le champ des réponses possibles.

Comment poser la question?

L’art de poser la question passe par plusieurs conditions. En premier lieu, il s’agit de bien réfléchir à ce que l’on veut véritablement élucider. Si l’on n’est pas à l’aise dans son travail actuel, on a envie de demander quelque chose comme: ‘quand est-ce que je vais retrouver du travail?‘. La question est d’importance, évidemment, mais le tarot ne donne pas de date précise et quand bien même. On pourrait imaginer qu’il serait préférable de formuler plutôt en disant: ‘Que dois-je faire pour retrouver du travail?‘. Mais dans les faits, le tarot n’est pas là pour vous indiquer une marche à suivre, plutôt que vous faire prendre conscience de certains traits de votre caractère et vous aider à progresser. Ceci dit, cette question est déjà bien meilleure car elle implique une demande de conseil afin d’orienter vos actions et les obligatoires transformations à réaliser.

À quoi est dû le fait que j’ai du mal à trouver un travail?‘ sera une question assez pertinente car elle permet de mettre en lumière les causes qui pourraient vous bloquer. Il ne s’agit pas de vous mettre en cause et de chercher ce qui est mal en vous, mais d’analyser les facteurs qui gêne la réalisation de votre désir ou projet. Une fois qu’ils sont révélés et acceptés, tout va bien mieux et au moins, vous en savez davantage sur vous.

Quelques trucs pour poser la question:

De manière générale, il est bon de travailler la qualité de sa question car, souvent, dès lors que l’on réfléchit au problème qui nous turlupine, on se rend compte que la première idée de question que l’on avait en tête ne correspond pas au véritable questionnement. Sans compter que réfléchir à la question peut amener la réponse à laquelle on n’avait pas vraiment réfléchi, et du coup, le tirage de tarot devient inutile. Réfléchir à la bonne question revient à demander à votre cerveau d’analyser le plus objectivement possible les problèmes sous-jacents et les premiers éléments de réponses possibles qui nous viendraient en tête.

D’autre part, il est nécessaire que la question soit ouverte. C’est à dire que la réponse naturelle ne puisse être juste un ‘oui’ ou un ‘non’. Avoir une réponse aussi sommaire ne vous aiderait en rien puisque toute question a un problème comme source (extérieur ou intérieur). Il s’agit plutôt de creuser un peu profond pour déterminer les raisons aux difficultés. Si ce travail n’est pas effectué, vous aurez envie de poser une question (presque) similaire 2 jours plus tard. Mieux vaut poser la question entraînant une réponse enrichissante permettant d’avancer à un niveau personnel plutôt que celle amenant une réponse sans explication d’aucune sorte. En bref, il s’agit d’obtenir une appréciation de vos besoins et actions, et des pistes pour que tout aille mieux.

Pour résumer:

  • Posez des questions sur les causes plutôt que l’issue.
  • Plus une question sera précise, plus vous aurez réfléchi à ce que vous désirez savoir, et plus le tarot sera clair.
  • Évitez les questions fermées. Les réponses seraient inutiles, ou pire, risqueraient d’être tranchantes.
  • Faites en sorte qu’une question soit simple (il suffit qu’elle ne comprenne pas plus de 15 mots), sinon, c’est qu’elle n’est pas claire dans votre esprit.
  • Gardez à l’esprit que le tarot n’est pas un oracle, mais un outil de conseil pour vous. Autrement dit, une question pour un domaine spécifique revient à s’interroger bien plus largement.
  • Si en travaillant votre question vous vous apercevez qu’elle se révèle plus complexe que vous ne le soupçonniez, divisez le problème: posez-en une pour chaque domaine ou approche dont vous avez pris conscience.
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Les quatre éléments des arcanes mineurs

Arcanes mineurs

Les quatre éléments des arcanes mineurs sont liées symboliquement à quatre éléments de base: Le Feu, l’Eau, l’Air et la Terre.

Ces éléments, extérieurs à l’être humain, permettent aux cartes mineures d’être plus à même de nous parler des situations particulières, au contraire des majeures qui concernent davantage notre moi intérieur et nos tendances générales. Bien connaître les signification de ces éléments est indispensable à la lecture du tarot.

Un peu d'Histoire...

La théorie des quatre éléments n’est pas nouvelle et ne naît pas avec le tarot.

À l’origine, certains philosophes présocratiques au V° siècle av. J.C. formulent l’hypothèse selon laquelle tout corps dans l’univers serait constitué d’un assemblage de ces quatre éléments. Cette idée va arriver en Europe au XII° siècle par le biais des écrits d’Aristote que l’on redécouvre, et sera intégrée à la vision chrétienne.

Cette vision va connaître un énorme succès en étant appliquée aux recherches philosophiques et scientifiques au cours des siècles.

Les quatre éléments des arcanes mineurs dans le détail

Le Feu et les bâtons

Le bâton représente la force à l’état primordial, la puissance autonome, celle qui bourgeonne et croît d’elle-même.

C’est le désir dans tous les sens du terme qui nous amène à entreprendre, à créer (artistiquement ou non), à nourrir une passion, à gérer notre sexualité. Sans cette force, rien n’est possible puisqu’aucun moteur, aucun germe ne viendrait nous pousser à agir.

Le Feu, le feu sacré comme on dit, consomme, attise, entretient l’énergie, agit dans la matière. Il est le premier élément, le plus authentique (quoi de plus naturel que le bois du bâton). Il nous relie aux forces de la nature, à sa force initiale.

L'Eau et les coupes

Les coupes représentent l’émotion, le coeur. L’eau est concrètement, physiquement présente dans l’être humain. Liquide amniotique, salive, sécrétions…

L’eau est sensible aux influences de la lune (les marées) et de ce fait, est symboliquement rapprochée aux cycles et à l’inconscient.

Les récipients (coupes, calices, verres de l’amitié, Graal…) sont des outils de partage humain, collectifs, religieux. Ils créent des liens.

L'Air et les épées

Le son de l’air lorsque l’épée vole. L’épée de l’impartialité (les multiples représentations de la justice tenant son épée à double-tranchant) et des décisions (le noeud gordien que tranche Alexandre)…

L’épée est rattaché à l’intellect, à la pensée, aux idées pures. Nous faisons d’autant plus appel à ses qualités que notre société occidentale met les capacités intellectuelles au tout premier plan (les passions Feu sont souvent bridées; l’émotionnel Eau doit être contrôlé et l’individualisme privilégié).

L’épée tranche, pour départager le vrai du faux, mais aussi pour épurer, enlever l’inutile, non pas par ressenti, mais par pragmatisme et évaluation. Le double-tranchant signifie bien qu’il y a d’un côté le juste, et de l’autre le faux.

La Terre et les pentacles (ou deniers)

Au contraire du Feu, de l’eau qui coule, et de l’Air, on peut tenir de la Terre dans ses mains. L’élément est concret, solide, et les pentacles représente donc la matérialité, les possessions, le physique, l’argent. Ce n’est pas par hasard que le nom de cette couleur est ‘denier’ dans le tarot de Marseille, ancien nom de monnaie.

Si elle est importante, la dimension financière à laquelle on rapproche souvent les deniers n’a jamais occupé tout l’espace symbolique de la Terre. Et le changement de nom pour ‘pentacle’ permet de bien réaliser que d’autres manifestations sont à l’oeuvre. En particulier le fait que l’on ne puisse créer à partir de rien: il faut un apport en capital, mais aussi une relation à l’ordre social, comme des échelles proposant leurs degrés pour y prendre pieds sous peine ne n’avoir rien pour monter.

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