Lire les cartes

Publié Publié dans Tarot et philosophies orientales, Tirages

Lire les cartes: il y a tant à faire!

Le jeu est acheté, et voilà, ne reste plus qu’à organiser un tirage et lire. Mais l’entreprise n’est pas toujours facile, car se mettre en synchronisation avec les cartes n’est pas un travail simple, ou plutôt, peut-être l’est-il plus qu’on l’imagine…

Les significations des cartes.

Lire les cartes sous-entend les étudier. C’est la première tâche que l’on aborde : apprendre et retenir les significations de chaque carte (78 tout de même), droites comme renversées. Il s’agit d’un travail somme toute scolaire.

On trouve facilement autant dans les livres que sur internet les explications et listes de mots-clés permettant de comprendre et retenir les significations des lames. Après, il « suffit » de les graver dans son esprit et de les utiliser lors des tirages. Disons-le clairement, il s’agit là d’une première étape, car s’il est évident que l’étude du sens des cartes est indispensable, elle constitue aussi un piège dans lequel il est tentant de tomber.

Lire les cartes, c'est surtout les regarder

Dès lors que l’on connaît bien chaque carte, le cerveau se met en mode automatique.

Lors de l’interprétation d’un tirage, on plaque alors les significations apprises en tentant de relier les différentes lames en rapportant à la question du consultant l’ensemble des messages. Ce système est pratique, mais les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances et… on finit par s’ennuyer.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’on met en silence la part intuitive. On pense par exemple « Alors, L’Empereur, c’est stable, carré, un homme, un père, des conseils… », etc., mais on ne regarde plus la carte, ou pour être plus précis, on ne la regarde plus avec fraîcheur.

Comment opérer dans ce cas?

Il est nécessaire de revenir à un fondamental : le regard du débutant. Lorsque l’on voit un jeu de tarot pour la première fois de sa vie, on examine soigneusement les dessins, par plaisir et avec émerveillement. L’esprit est vierge de tout a priori, on ne plaque rien, on accepte naturellement.

C’est ce que dans le zen on appelle « l’esprit du débutant » (Soshin, en japonais). C’est-à-dire qu’à aucun moment on doit penser « Ah ! Mais L’Empereur, je le connais bien ! », ou « Tiens, La Justice, bon, ben faudra que cette personne fasse les bons choix sinon… ». Il faut rester curieux, ouvert et humble, comme un enfant. Il s’agit là de la meilleure manière de continuer à prêter attention à ce qui se passe, et en particulier de constamment redécouvrir les cartes sans rien attendre d’elles. Les préjugés et les opinions toutes faites constituent le pire ennemi du tarologue.

Nous avons besoin de classer, comparer, comprendre, faire référence à, de se reposer sur… c’est ainsi que nous avons été formés. Mais cette attitude ferme l’esprit à la véritable lecture du tarot.

Comment travailler cet état d'esprit?

Ce n’est pas simple. Nous travaillons en permanence sur des certitudes souvent durement acquises, c’est l’idée même de l’école, des études, de l’expérience qui nous a été inculquée depuis l’enfance. Connaître et se reposer sur la connaissance. Et puis l’idée même de « savoir » renforce notre ego qui se trouve très satisfait de son importance. Se remettre dans la position d’un apprenant nécessite une attention de chaque instant.

Il est toujours intéressant de montrer des cartes à une personne ne connaissant rien du tarot, car elle aura une réaction pure, uniquement lié à une observation sans a priori et sensitive. C’est ainsi que, malgré nos connaissances, nous devons lire un tirage ou une carte. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux, mais travailler l’humilité et se dire à chaque lecture que l’on regarde les cartes pour la première fois : on y découvrira toujours de nombreux détails qu’on laissait généralement de côté.

Surtout, il s’agit là de la meilleure méthode pour développer une intuition, de voir des significations bien au-delà des conceptions apprises et mémorisées.

Commencez dans la vie de tous les jours à véritablement regarder, sentir, écouter, les autres et ce qui nous entoure. Cette attitude ne doit pas être développée seulement dans le tarot, mais dans tout domaine. Lorsque vous pratiquez votre yoga, soyez à l’écoute du corps, même si vous avez déjà réalisé une posture des centaines de fois. Lorsque vous méditez, soyez présent à ce que vous faites. Si vous méditez en pensant connaître la méditation, vous n’êtes pas dedans. Buvez votre café comme si c’était la première tasse de votre vie. Regardez votre conjoint comme si vous découvriez son visage. Partez à la redécouverte du monde et il vous le rendra.

Le Pendu

Doit-on utiliser les cartes renversées?

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Posons tout de suite une question de vocabulaire: je suis assez peu partisan de l’idée d’utiliser le terme de ‘à l’envers’, car il sous-entend que la carte n’est pas dans le bon sens. Un peu comme on reproche à quelqu’un d’avoir ‘tout fait à l’envers’. Il est à mon avis préférable de parler de renversement.

Ensuite, il convient de parler des règles (doit-on les lire ou non?): il n’y en a pas!

Le rapport que nous entretenons tous avec le jeu est personnel. Certains individus seront si gênés par le renversement des cartes que cela les mettra mal à l’aise au point qu’ils préféreront s’en passer. D’autres les incorporeront au mécanisme de lecture. Il est surtout important de sentir que telle ou telle manière d’utiliser le jeu correspond à votre caractère. Il faut être à l’aise avec le tarot. La confiance que l’on doit avoir lorsque l’on travaille à son contact ne doit pas être entachée par des réserves dues à un protocole méthodologique.

Néanmoins…

Mais alors, doit-on utiliser les cartes renversées?

La première idée préconçue que l’on peut développer concernant le renversement des cartes consiste à se dire que la lecture devient négative. Or, on n’a pas envie de lire du négatif. Même si l’on s’en défend, on entretient toujours l’espoir que le tirage nous sera favorable. Il y a un peu du syndrome de la ‘diseuse de bonne aventure’ là-dedans, car on n’aime pas la ‘mauvaise aventure’. Il est vrai que personne n’a le désir de s’entendre dire que non, le projet va connaître des difficultés, que l’autre personne ne s’intéresse pas à vous, qu’il va falloir attendre, que notre point de vue est incorrect, qu’il vaut mieux en rester là, etc. ‘Miroir, miroir, dis-moi que je suis la plus belle… et surtout pas autre chose…!

Apaiser son esprit

Il ne faut pas non plus imaginer que les problèmes décelés par le tirage correspondent à une destinée. Au contraire, le jeu est là pour aider, et c’est en regardant froidement et posément les messages que nous avançons. Le tarot ne nous veut pas de mal ni nous déprimer! Le tarot est neutre: avec l’aide de notre lecture, il exprime les faits.

Ne pas oser se frotter aux problèmes n’aide en rien, et même, rend la consultation finalement assez inutile. Ce serait comme aller chez le psy et rester silencieux pendant les séances.

L'intérêt des cartes renversées

Doit-on utiliser les cartes renversée? Oui. Car en premier lieu, il est indispensable de considérer les aspects négatifs d’une carte dans une position donnée. Si on fait l’impasse sur cette variation de significations, on risque de ne pas être en mesure de déceler les blocages inhérents à la question. Or, un consultant, ou vous-même, utilise le tarot pour obtenir une réponse ou un conseil face à une difficulté. Il est indispensable de mettre le doigt sur les problèmes (on en a tous et ce n’est pas une honte) afin de pouvoir corriger notre pensée, nos attitudes, etc. (voir comment poser la question)

Ce d’autant plus que nous ne venons pas chercher une simple marche à suivre pour se tirer d’un embarras, plutôt qu’à mieux comprendre les blocages que nous devons dépasser. Si nous ne les isolons pas, si nous ne les reconnaissons pas, nous n’avançons pas.

Une carte renversée pointe le problème du doigt mais nous offre également les moyens et les conseils pour les résoudre.

Il est donc préférable de tenir compte des messages apportés par le renversement. C’est peut-être délicat à accepter au moment du tirage, mais on s’en sort grandi au final.

Pour finir

Enfin, le renversement n’exprime pas forcément une dimension négative. Si on tombe sur un IX d’épées ou un VII de coupes à l’envers, la signification est franchement plus positive que si la carte était sortie droite! Ou encore, si un consultant se questionne depuis longtemps sur l’opportunité de lancer un projet et que Le Pendu tombe renversé, cela signifiera clairement qu’il est temps de passer à l’acte: quoi de plus positif que cela?

De manière générale, les cartes droites montrant des faiblesses ou des erreurs, des problèmes ou de mauvaises passes, deviennent positives dès lors qu’elles sont renversées. Parfois encore, d’autres pas forcément négatives à l’endroit (on a parlé du Pendu) possèdent aussi une autre dimension positive lorsqu’elles sont renversées.

Comment poser la question?

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Généralement, on tire le tarot lorsque l’on a une interrogation sur un domaine spécifique. Or, il est crucial de bien poser la question correspondant à notre besoin réel.

A-t-on besoin de poser une question?

Pas toujours. On peut parfaitement tirer le tarot sans a-priori ni questionnement particulier. Ainsi, le tirage d’une carte du jour est effectué sans ‘direction’ particulière. Lorsque l’on réalise un tirage annuel sur les 12 maisons, on cherche pareillement à connaître des tendances générales et donc, aucune question n’est nécessaire. Mais la plupart du temps, on s’interroge sur un domaine qui nous tient à coeur, sur lequel on entretient des doutes ou des inquiétudes. Poser une question précise permet alors de délimiter le champ des réponses possibles.

Comment poser la question?

L’art de poser la question passe par plusieurs conditions. En premier lieu, il s’agit de bien réfléchir à ce que l’on veut véritablement élucider. Si l’on n’est pas à l’aise dans son travail actuel, on a envie de demander quelque chose comme: ‘quand est-ce que je vais retrouver du travail?‘. La question est d’importance, évidemment, mais le tarot ne donne pas de date précise et quand bien même. On pourrait imaginer qu’il serait préférable de formuler plutôt en disant: ‘Que dois-je faire pour retrouver du travail?‘. Mais dans les faits, le tarot n’est pas là pour vous indiquer une marche à suivre, plutôt que vous faire prendre conscience de certains traits de votre caractère et vous aider à progresser. Ceci dit, cette question est déjà bien meilleure car elle implique une demande de conseil afin d’orienter vos actions et les obligatoires transformations à réaliser.

À quoi est dû le fait que j’ai du mal à trouver un travail?‘ sera une question assez pertinente car elle permet de mettre en lumière les causes qui pourraient vous bloquer. Il ne s’agit pas de vous mettre en cause et de chercher ce qui est mal en vous, mais d’analyser les facteurs qui gêne la réalisation de votre désir ou projet. Une fois qu’ils sont révélés et acceptés, tout va bien mieux et au moins, vous en savez davantage sur vous.

Quelques trucs pour poser la question:

De manière générale, il est bon de travailler la qualité de sa question car, souvent, dès lors que l’on réfléchit au problème qui nous turlupine, on se rend compte que la première idée de question que l’on avait en tête ne correspond pas au véritable questionnement. Sans compter que réfléchir à la question peut amener la réponse à laquelle on n’avait pas vraiment réfléchi, et du coup, le tirage de tarot devient inutile. Réfléchir à la bonne question revient à demander à votre cerveau d’analyser le plus objectivement possible les problèmes sous-jacents et les premiers éléments de réponses possibles qui nous viendraient en tête.

D’autre part, il est nécessaire que la question soit ouverte. C’est à dire que la réponse naturelle ne puisse être juste un ‘oui’ ou un ‘non’. Avoir une réponse aussi sommaire ne vous aiderait en rien puisque toute question a un problème comme source (extérieur ou intérieur). Il s’agit plutôt de creuser un peu profond pour déterminer les raisons aux difficultés. Si ce travail n’est pas effectué, vous aurez envie de poser une question (presque) similaire 2 jours plus tard. Mieux vaut poser la question entraînant une réponse enrichissante permettant d’avancer à un niveau personnel plutôt que celle amenant une réponse sans explication d’aucune sorte. En bref, il s’agit d’obtenir une appréciation de vos besoins et actions, et des pistes pour que tout aille mieux.

Pour résumer:

  • Posez des questions sur les causes plutôt que l’issue.
  • Plus une question sera précise, plus vous aurez réfléchi à ce que vous désirez savoir, et plus le tarot sera clair.
  • Évitez les questions fermées. Les réponses seraient inutiles, ou pire, risqueraient d’être tranchantes.
  • Faites en sorte qu’une question soit simple (il suffit qu’elle ne comprenne pas plus de 15 mots), sinon, c’est qu’elle n’est pas claire dans votre esprit.
  • Gardez à l’esprit que le tarot n’est pas un oracle, mais un outil de conseil pour vous. Autrement dit, une question pour un domaine spécifique revient à s’interroger bien plus largement.
  • Si en travaillant votre question vous vous apercevez qu’elle se révèle plus complexe que vous ne le soupçonniez, divisez le problème: posez-en une pour chaque domaine ou approche dont vous avez pris conscience.